Affichage des articles dont le libellé est Ecriture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecriture. Afficher tous les articles

lundi, novembre 29, 2010

Un oiseau, une plume, une page immaculée et de l’encre qui pleure…

Malgré les quolibets des fâcheux, l’art reste difficile. On parle de talent, mais sans la sueur et le sang de l’artisan, le talent n’est qu’une terre en friche destinée à se perdre dans les brumes de l’oubli. Sans travail, la paresse reprend les dons octroyés par la grâce. On pourrait parler de gâchis.
L’écriture est un art qui réclame de la patience, de la persévérance et surtout un travail acharné. Qui daigne compter les lettres d’un mot, les mots d’une ligne, les lignes dans une page, et finalement les pages ? Certainement pas le lecteur passif qui attend d’être pris par la main, d’oublier justement de compter pages pour se laisser emporter par le récit.
Les muses sont capricieuses et si parfois elles emportent également l’écrivain dans un voyage que l’on nomme l’inspiration, la plupart du temps elles restent muettes tant que l’on ne va pas les chercher. L’écrivain parle alors d’angoisse de la page blanche. Voilà la différence avec l’écrivant qui perd son noble « i » et transforme un métier en simple hobby. L’écrivant que je suis perd patience lorsque les muses ne sont pas à ma porte pour me montrer le chemin. J’en réfère aux mauvaises conseillères du découragement et de la procrastination qui savent se montrer imaginatives dans la vacuité de l’esprit face à la paresse. Puis finalement le temps s’enfuit et m’éloigne plus des muses. L’ambition devient rêve et le rêve une chimère. Finalement, au moment venu de faire le bilan d’une vie, cela fait bien longtemps que la montagne des espoirs adolescents a sombré dans un océan de regrets.
Pour noyer le spleen d’une vie qui se consume jours après jour dans la frustration et le désespoir. L’écrivant cherche ses muses dans les musiques trop fortes, la caresse trompeuse de l’éthanol, dans un projet d’autodestruction méthodique. Il faut croire que l’on tombe facilement amoureux des reflets de l’imagerie tragique et romantique de l’écrivain maudit…
J’ai peur d’être tombé dans ce piège, tombé amoureux du métier de l’écriture plutôt que devenu écrivain à mon tour. Ce n’est pas un reflet dans un miroir que je regarde lorsque je contemple le portait du poète maudit, c’est juste une image d’Epinal. Une image pleine de couleurs, la projection dans un imaginaire fascinant, en bref l’invention brillante d’un écrivain inspiré.
Car à en venir aux fondamentaux, le métier de l’écriture n’est pas si noble qu’on voudrait le faire croire. Il repose sur la manipulation et la tromperie. Tout le talent de l’artiste repose sur le choix des mots. Une chose tout simple vu par l’œil froid du mathématicien, un bagage de vingt-six petites lettres, une poignée de signes de ponctuation et quelques règles à connaitre pour faire fonctionner le tout. L’esprit tourmenté du littéraire devine derrière cette mécanique toute simple une véritable sorcellerie. L’écrivain sait créer la magie à partir de ces symboles limités. Les mots ne sont alors qu’un outil de manipulation pour créer des images dans l’esprit des lecteurs. Il s’agit de mettre ces victimes consentantes dans un état d’esprit voulu, de leur permettre d’élaborer des hypothèses ou des conclusions. Une fois que l’écrivain a amené ses spectateurs dans l’état voulu, il dispose de toutes les cartes pour le surprendre, l’émerveiller et qui sait le convaincre d’acheter ses livres.
La tâche semble presque insurmontable pour l’apprenti sorcier écrivant. Avec le temps, j’ai appris à distinguer deux faces de la même pièce; l’écriture repose tout aussi bien sur le fond que sur la forme. Maîtriser les deux est difficile en soi, mais le vrai défi réside dans la capacité de les dominer au même moment. L’inspiration aide un peu, mais elle souffle d’un côté ou de l’autre.
Lorsque de mes certes années adolescentes, j’avais l’insouciance et l’innocence de croire qu’il n’existe pas de montagne infranchissable. J’étais surtout naïf et prêt à toutes les acrobaties mentales sans jamais me poser la question de la pertinence. Ma muse avait alors un nom, l’envie. Mon imagination vagabondait alors sur des territoires vierges, prête à me faire deviner des milliers d’histoires jamais racontées. L’âge détruit impitoyablement la naïveté, on découvre les schémas et les archétypes communs des bonnes histoires. La sclérose guette l’âme qui comprend qu’il est impossible d’inventer de nouvelles fictions, que tous les territoires ont déjà été explorés par des hommes et des femmes d’un talent inégalable. Il est difficile de parier contre six mille ans d’histoire écrite. A cette époque je me trouvais un talent pour le fond mais une profonde peur face à la forme. L’âge me rattrape jour après jour. J’ai bénéficié de plus de recul, j’ai mûrit. J’ai rempli mon bagage de formes et de tournures, de grammaire et de rhétorique. J’assume beaucoup mieux ce que je peux coucher sur le papier, je n’ai plus peur face à l’acte d’écrire. Encore faut-il trouver encore des histoires à raconter…

La conclusion est amère pour cette petite chronique. Il faut que j’arrête d’écouter des musiques trop tristes et trop fortes, que je range la bouteille de vodka au placard. Il faut surtout que je te confesse à toi patient lecteur que je me suis servi de toi. J’ai saisi l’inspiration au vol pour te parler de l’écriture. Tu commence à comprendre que ce n’était qu’une mise en abyme, un prétexte pour me permettre d’échauffer ma plume et travailler. Merci de ta patience et je compte sur toi pour financer mes premières œuvres ;-)

jeudi, décembre 24, 2009

En attendant Noël...

Et voui, c'est le titre d'une de mes nouvelles. Grande première de mettre en ligne l'une de mes productions. On verra bien l'accueil qu'elle recevra :
En attendant Noël

vendredi, mars 07, 2008

Un oiseau Grenoblois...

On la surnomme la capitale des Alpes. C'est vrai que pour la France il n'y a guère qu'Annecy qui pourrait rivaliser à ce titre. Si la ville est très agréable à vivre et économiquement très active, elle est surtout merveilleuse pour stimuler l'imaginaire. Voici donc mon petit carnet de notes au cas où j'écririais un jour une histoire basée à Grenoble.

Derrière la carte postale fameuse qui présente le téléphérique avec ses petites cabines rondes, les oeufs comme les surnomment les Grenoblois, aux abords de l'isère qui s'écoule indolente, sous la vieille cathédrale notre dame et dans les montagnes enneigées bien des secrets, des passions et des conflits couvent.

Tout d'abord il y a les gens. Après avoir vécu une grande partie de ma vie en région parisienne ou à proximité des grands centres universitaires, c'est à Grenoble que j'ai découvert le sens du mot cosmopolite. Dans cette ville on croise les ethnies, les peuples et les communautés les plus diverses. Un détour dans n'importe quelle grande surface permet de s'en rendre compte. Je ne pourrais jamais terminer une liste de toutes les nationalités que j'ai pu apprendre à connaître en quelques années. On peut cependant remarquer que l'une des communautés les plus importantes est celles des Italiens et des Siciliens, mais j'y reviendrais plus tard. Malgré une certaine froideur au premier abord et la haine ordinaire pour tous ces 'étrangers', les pauvres du sud de la ville qui viennent piquer le travail aux braves Français, mais aussi les riches dans la vallée du Grésivaudan qui font monter les prix. La plus large part de la population est jeune et ouverte d'esprit. A bien y réfléchir les purs Grenoblois installés dans la région depuis plus de deux générations que je connais se comptent sur les doigts d'une main. Grenoble, une ville de passage et de mélange par excellence.

Géographiquement, la ville se compose comme cela.
Au nord on trouve les quais de l'Isère, une bande étroite de terre entre l'eau et la montagne surplombée par la forteresse de la Bastille. Cette zone interpelle le visiteur de passage car le long de la petite route, les pizzerias sont accolées les unes aux autres. Je ne les ai jamais comptées mais on dépasse facilement la dizaine, amassées au même endroit. Elles sont pour la plupart ouvertes tous les soirs, mais la cuisine est médiocre. Apparemment il existe d'autres raisons qui justifient leur présence, de là à envisager un scénario maffieux de blanchiment d'argent il n'y a qu'un pas, facile à franchir. Surtout qu'une dizaine d'années plus tôt, la ville était tristement célèbre pour ses règlements de compte en pleine rue. Une copine a même assisté à une fusillade juste sous ses fenêtres.
Comme je l'ai déjà dit, il y avait beaucoup d'Italiens en ville. Je me souviens notamment d'une soirée très sympathique au milieu d'une assemblée de Siciliens, entre les guitares, les chants et les éclats de voix, je me serais cru dans un film. On célébrait les trente ans d'une amie et les moeurs de la famille traditionaliste et religieuse m'ont impressionné. La fille en question, mariée avec un enfant fréquentait plus qu'assidûment l'église. Quand à ses deux soeurs, dévôtes elles aussi, célibataires et dotées d'un physique à se damner se réservaient pour le mariage (moi qui croyait que ce genre de chose n'existait encore que dans les livres). Bon techniquement vu que ces braves gens étaient de confession protestante, cela exclue de facto une quelconque appartenance à l'honorable société. Il n'empêche que cela stimule l'imaginaire.

Le sud de la ville coincé le long de la rocade présente les anciens quartiers olympiques ou la plupart des immeubles ont été recyclés à la va vite pour fabriquer à tour de bras du logement social avec les résultats déplorables de ghetto que l'ont imagine. Des bandes violentes se sont créées, comme les événements de l'an passé l'ont encore prouvé. Il est presque souhaitable que le grand banditisme persiste en ville, cela tempère les ardeurs. On trouve par la bas de véritables zones franches, des rues où l'ont craint de s'aventurer même en plein jour. Des rues ou des bâtisses sont écroulées sur l'asphalte de la route, ou les débris de voitures brûlées restent sans que personne ne se préoccupe de les enlever. Ce genre d'endroits ou personne ne vous entendra crier.
Si l'on descend encore un peu vers le sud (la fameuse route Napoléon qui mène à Gap, Sisteron) on arrive dans les usines chimiques de Pont-de-Claix qui défigurent le paysage mais aussi produisent du Chlore, de la Javel et autres joyeusetés (vous voulez du phosgène par exemple, y en a aussi). Le plus drôle là dedans c'est qu'il y a de nombreux merdoduc non protégés et pas vraiment entretenus pour transporter ces substances hautement toxiques sur des kilomètres. Les explosions et autres accidents plus ou moins graves sont monnaie courante dans le coin. Enfin bref, à côté du sud de Grenoble, AZF fait figure de dînette pour enfants.

A l'ouest de la ville (sur la route qui vient de Lyon), coincée entre le le Drac et l'Isère on trouve la fameuse zone de recherche Minalogic sur les nanotechnologies, les biotechnologies et les technologies pour la santé à la pointe de la recherche mondiale. En survolant la ville, on remarque bien le site grâce à son accélérateur de particules, le synchrotron et son anneau caractéristique. Le commissariat à l'énergie atomique a entrepris cette reconversion de la recherche vers les nanotechs et la santé que très récemment. Il y avait dans le parc six installation nucléaire de base (INB) qui ont commencé leur démantèlement depuis 2006 seulement (le site doit être assaini pour 2012). Pour alimenter encore un peu les inquiétudes scientifiques, on trouve aussi à Grenoble une partie du laboratoire P4 de Lyon (ce labo chargé de travailler sur les virus les plus dangereux de la planète).

A l'est de Grenoble, on change d'univers. D'un côté de l'Isère, le campus universitaire et la ville communiste de Saint Martin d'Hères (seconde ville du département). De l'autre côté se trouvent les quartiers riches, l'immense centre hospitalier universitaire et adossées à la Chartreuse, les demeures des nantis. On trouve aussi la plupart des acteurs majeurs de la recherche sur les nouvelles technologies de l'information dans ce début de la vallée du Grésivaudan (vallée qui file vers Chambery et Albertville). On surnomme d'ailleurs cette zone la Silicon Valley Française. Tel la marée, l'économie monte et descend dictant notamment les différentes folies spéculatives (bulle immobilière par exemple, marché de l'emploi, salaires). Une récession aurait des conséquences désastreuses sur toute l'économie de la région.

Le centre ville, je ne m'y attarderais pas trop. Il faut le dire tout net, la ville est assez laide. Mais les très nombreux parcs et squares permettent d'y vivre très agréablement. Sans compter que comme le disait Stendhal, au bout de chaquee rue, une montagne. Parlons-en des montagnes, car elles sont remarquables. En à peine quinze kilomètres autour de la ville les routes s'arrête et la nature redevient sauvage. A l'ouest, on trouve les Hauts plateaux du Vercors, terres rocailleuses et arides, ses gorges 'profondes', ces glaciers souterrains et ses grottes. Haut lieu de la résistance, berceau de l'alpinisme et de l'escalade ou plus récemment lieu du barbecue de l'ordre du temple solaire. Au nord, la Chartreuse, massif verdoyant et bucolique qui à donné son nom à l'ordre des pères Chartreux (et accessoirement au digestif fabriqué par lesdits curetons). Au sud est, on trouve Belledonne, un massif au caractère alpin plus marqué, les sommets atteignent presque les trois milles mètres. On y trouve des glaciers et et des lacs d'altitude. Il existe bien des fameuses légendes sur les lacs du Dauphiné. Je pourrais évoquer notamment du fameux lac noir et de son îlot central qui émerge les années de sécheresse. Quiconque pose le regard sur cette île perd la vue selon le mythe. J'y ai notamment fait une ballade dans l'été 2003, je n'ai pas vu d'îlot.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Grenoble, mais mes idées s'emmêlent. Je vais donc terminer par une liste à la Prévert de petites choses qui ont marqué mon imaginaire comme source d'histoires...

On m'a prétendu un jour que Grenoble était une ville soumise aux sept risques majeurs. Je serais incapable de dire ce que ça veux dire mais c'est vrai qu'à y réfléchir la catastrophe menace. C'est une zone sismique. La configuration des vallées permet d'y créer des tempêtes violentes. J'ai évoqué à mi mot les risques liés au nucléaire, à l'activité biologique ou aux accidents chimiques. Mais il y a aussi le risque d'inondation, Grenoble étant une ville remarquablement plate et de basse altitude elle est entièrement en zone inondable (les crues de l'Isère ou bien les nombreux barrages hydroélectriques pourraient mener au drame). Bien entendu la région montagneuse est régulièrement sujette aux éboulements et autres coulées de boue. Et bien sûr il y a la pollution. La ville est dans une cuvette, les usines rejettent pas mal et Grenoble représente un carrefour naturel. L'été, les conditions anticycloniques favorisent les couches d'inversion à basse altitude et au dessus de la ville se dessine une sorte de smog, particulièrement visible en montagne. La ville est donc polluée, c'est vrai. Une légende urbaine la présente comme l'une des plus polluée d'Europe, c'est faux (tout ceux qui seront par exemple allés à Athènes peuvent le démentir). L'anecdote veut que ce fût l'une des premières villes à voir son niveau de pollution observé par des capteurs. Parmi l'échantillon des trente villes observées à l'époque, c'était vrai et cette sinistre réputation lui est restée.

Il fait très chaud l'hiver et très froid l'hiver. L'été, c'est proprement invivable (c'est l'époque ou l'on est content de retrouver la fraîcheur climatisée des bureau en allant au boulot). Le temps varie de manière très brusque. L'avantage c'est qu'il fait le plus souvent beau dans la région (sans compter le nuage de pollution au dessus de la ville bien sûr).

Grenoble était encore il y a peu une position stratégique comme l'atteste les nombreux forts abandonnées qui protégeaient la ville (dédales de couloirs obscurs taillés dans la pierre pour l'immense fort de la Bastille, le fort du St Eynard, etc.) La présence militaire dans la région reste encore assez forte. Armées de terre et de l'air principalement.

On pourrait se pencher sur l'histoire de la ville, mais j'avoue ma profonde inculture en la matière. Mis à part bien sûr l'invention de la manif le 7 juin 1788 (si de nos jours on cherche la plage sous les pavés, à cette époque là les CRS recevaient des tuiles, ça doit faire mal aussi) avec le résultat que l'on sait. L'église et la crypte Saint Laurent (vestiges archéologiques des rites funéraires datant de l'antiquité, église carolingienne et cie) est l'un des premier monuments historiques classé. Sous la cathédrale notre-dame, on trouve les restes de l'ancien palais des évêques et d'un baptistère du début de l'ère chrétienne. On trouve aussi des marques des anciens remparts de la ville romaine, des vestiges de la bourgade gauloise de Cularo. Bien d'autres secrets sont enfouis dans les dédales des rues du centre ville. Je me souviens notamment avoir aperçu en ville une tour carrée moyenâgeuse, mais une fois en ville j'ai constaté que cette tour était à peine visible de la rue et impossible à atteindre car au milieu d'un paté de maison dense et infranchissable(étrange pour un monument historique).
Si un historien passe par ici, j'aimerais bien qu'il m'éclaire sur les rapports entre le dauphin et la ville. C'est l'emblème de la région (le "dauphiné" vient de là) et de Grenoble. C'est de là que vient aussi que vient le titre des anciens seigneurs de la région et la désignation habituelle de l'héritier du trône. Pourtant on ne peut pas dire qu'il y a beaucoup de dauphins dans l'isère, le drac ou bien les lacs de montagnes.

Je pourrais aussi évoquer les rapports qu'entretient la jeunesse avec les substances psychotropes. C'est amusant de constater lorsque l'on s'écarte un peu des sentiers battus en montagne de trouver des plans de chanvre indien pousser de manière plus ou moins domestiquée. Ou encore ces hordes d'étudiants barbus et chevelus qui trouvent que l'automne est une bonne saison pour les champignons, surtout le genre des psilocybes très courants dans Belledonne.

Enfin bon bref, je me fait long. Il est temps de conclure. Même si je n'ai jamais eu le temps de maitriser un tel scénario, Grenoble est à mon avis un bon cadre pour des aventures contemporaines. Maffieux, sombres secrets et rituels homicides, survival horror et catastrophes plus ou moins préméditées vous attendent.

lundi, décembre 03, 2007

La critique est facile...

… Mais l'art est difficile comme le dit si bien l'adage. Je suis un lecteur assidu et de plus en plus exigeant sur la qualité. J'ai l'orgueil d'estimer avoir ce que l'on appelle de l'imagination et un goût pour l'écriture. Force m'est de constater que tout cela ne fait pas de moi un écrivain.

L'écriture n'est pas donnée, pas à moi. Peut être à personne. Je suis convaincu depuis des années que je peux écrire. Mais j'attends le souffle divin qui me dictera des histoires. Pas la moindre brise à l'horizon depuis près de 30 ans. Et même si de temps à autres le rêve me prends et ma plume semble dotée d'une vie propre, ces moments ne durent pas et se font rares.

J'en suis arrivé depuis un certain temps à la conclusion que l'écriture requiert peut être du talent. Je n'ai pas vraiment le recul pour considérer en être pourvu. Mais écrire requiert aussi du travail. C'était l'une de mes motivations pour ouvrir ce petit blog. Me forcer à écrire. Si je veux souffler sur ces braises et attiser la flamme qui sommeille en moi, il faut bien que je me remue.

Ecrire, c'est un peu comme faire de la magie et d'une certaine manière c'est de la magie. Le pouvoir s'écoule du bout de mes doigts et prend vie. Ne dit t'on pas qu'au début fût le verbe. Et quiconque manipule le verbe joue avec la création. Même si je ne lance pas de boules de feu en marmonnant quelques incantations, je peux donner ce pouvoir à mes personnages. On dit que dieu à mis 7 jours pour créer le monde. C'est un petit joueur car il me suffit de quelques instants pour inventer un univers.

Enfin bref, je considère maintenant que je ne deviendrais pas écrivain en le souhaitant. Il faut que je force ma chance, que je termine mes histoires. A la manière dont j'ai abordé les sports de montagnes et notamment l'alpinisme en m'imposant de courir un jour sur deux pour développer mon endurance. Il faut que je me force à écrire quelques heures par semaine au moins pour échauffer mon esprit. Ne pas forcément me focaliser sur mes nouvelles, mais au moins développer un terrain d'entrainement pour ma créativité.

Allez hop, on s'y remet. Une petite demi-heure par jour pour commencer. Simplement des articles sur mon blog ou bien des pages d'histoires mais l'important c'est d'y croire.

vendredi, novembre 02, 2007

Le rêve et la flamme

Quel cliché que de parler de la "magie du cinéma". Et pourtant je ne trouve pas d'autres mots pour décrire l'émotion qui m'a saisie avant-hier soir en sortant de la salle obscure. Ce n'est pas forcément un hasard, j'y étais allé pour voir la transposition de l'une des œuvres de mon écrivain favori.

Je passerais sur le jeu des acteurs que j'ai trouvé parfois maladroit, sur certains raccourcis de réalisation qui m'ont laissés dubitatif ou bien sur la romance très fleur bleue qui constitue le cœur de l'histoire. Je passe sur ces défauts, car ce film m'a transporté dans un monde merveilleux.

Ceux qui pensent que ma chronique sera consacrée au film "Stardust" adapté du roman éponyme de Neil Gaiman se trompent car ce n'est pas mon propos.

Non mon propos concerne, une fois n'est pas coutume l'écriture. J'ai réalisé avec ce film que je me fourvoyais avec mon boulot. Je ne veux pas que mon destin se résume à la médiocre vie d'un informaticien frustré. Ce que je souhaite dans la vie c'est pouvoir raconter des histoires et faire rêver les gens de la même manière que mes lectures, mes fréquentations des salles obscures ou mes parties de jeux de rôle me font rêver.

J'ai retrouvé avec un pincement au cœur la discussion que j'avais eu avec quelqu'un suite à mes élucubrations sur un coffre plein de vieux jouets cassés ou je parlais de mon intérêt pour l'écriture.

En substance mon interlocuteur me disait que l'envie impérieuse d'écrire est comme un brasier qui te brûle par l'intérieur. Quelque chose qui t'empêche de faire ou de voir autre chose tant que le besoin n'est pas assouvi.

A l'époque j'avais répondu quelque chose du genre :

Tu as raison quand tu dis que je n'ai pas le feu sacré qui me ferait quitter ma copine, arrêter de manger, démissionner pour écrire. Effectivement, c'est le genre d'ambitions que je maintenais durant ma vie étudiante. Et puis un beau jour je me suis fait rattraper par la morne mélancolie de la vie active.

C'est certainement par lâcheté ou par paresse que je ne le fait pas. Par contre les années qui passent me confirment que mon attirance pour l'écriture n'est pas passagère. Et c'est là que j'ai un problème car je suis véritablement déchiré entre mes envies d'écritures et des contraintes difficilement compressibles (à moins de tout plaquer cf. plus tôt mais je n'ai pas vraiment la volonté ou même l'envie pour le faire).

Mon autre certitude est la suivante, c'est que quand l'inspiration me vient, là oui je lâche tout pour écrire. Mais malheureusement, la vraie vie finit immanquablement par toquer à la porte

Et bien si je n'ai pas le feu sacré, ma dernière séance de ciné m'a prouvé que le feu n'était pas mort. Que sous la cendre déposée par les jours loin de mes rêves cache des braises. Qu'il suffit de souffler sur ces braises pour que le feu reprenne.

Me voilà donc avec un nouveau projet d'écriture en gestation. Heureux et déterminé à vivre mes rêves d'écriture plutôt qu'à rêver ma vie...

lundi, novembre 07, 2005

Un coffre plein de vieux jouets cassés…

Non ce n'est pas un extrait de la complainte douce amère d'un célèbre chanteur français. Ce n'est pas non plus une nouvelle même si c'est le thème de ma présente chronique, désolé (d'autant plus que pour des raisons personnelles, je rechigne à exposer mes manuscrits sur la place publique).

Je me contenterais de parler d'écriture en général. Et plus particulièrement je vais vous exposer l'un de mes petits soucis dans ce domaine, à savoir "Comment finir ce que l'on a commencé ?".

J'adore écrire, ceci depuis mon adolescence. C'est probablement né de la conjoncture fréquente du mal-être chronique de cet age et de l'abondance de temps libre que procure la vie lycéenne/étudiante. Qui a parlé d'insomnies ?
Le problème c'est que cette passion ne m'a pas lâchée à l'aube de ma vie active. Malheureusement le temps pour l'assouvir à quand à lui disparu et mes facultés de récupération après une nuit blanche se sont envolées.
Par contre les idées continuent de m'assaillir régulièrement. D'un coup j'ai une histoire qui commence à se former dans ma tête, alors sans hésitation je me précipite sur un support et j'entame un récit. Non je ne fait pas de plan, ni de synopsis de plus en plus détaillés, mon impulsivité naturelle me pousse directement vers le produit raffiné. Et puis passé quelques pages fiévreuses je note mes idées et détaille un plan pour la suite de l'histoire.

Le travail sur la forme, c'est surtout une grande partie de mon plaisir d'écriture, pour inventer des histoires, j'ai le jeu de rôle. C'est d'ailleurs un palliatif efficace. Dans l'écriture on peut se permettre de jouer avec le langage pour véhiculer des images et des idées. C'est à proprement parler fabuleux. Je ne sais plus qui disait "la poésie, c'est de créer des connexions dans le langage" et je suis assez d'accord avec ça.

Le problème est que j'ai beaucoup de mal à reprendre ces ébauches après, car le feu sacré qui m'habitait à disparu éteint par des périodes de travail ou de vie sociale. Bien sûr, pensant que c'était dû à la paresse, je me suis souvent forcé à continuer et même achever mes nouvelles. Mais le saut qualitatif est souvent énorme et mes fins sont souvent bâclées.

Et voilà, des jours comme aujourd'hui je retombe par hasard sur un vieux coffre, plein de débuts d'histoires. Elles me semblaient (et dont certaines me semblent encore) prometteuses, mais je n'arrive pas à trouver cette motivation pour les finir.

J'ai observé souvent d'autres cas similaires, qui débutaient de multiples histoires sans jamais les terminer. Mais j'en ai aussi vu d'autres qui arrivent à finir, dites moi les gens, comment y arrivez-vous ?

Ceci dit j'en termine quand même des nouvelles, mais le ratio n'est pas terrible (peut être une sur dix, la plupart avec des fins qui ne me plaisent pas)

Un oiseau paresseux

PS : Les lecteurs assidus auront remarqué un retour en force du pronom personnel honni. C'est voulu, d'une car "je" suis ici chez moi, et j'y fais ce que je veux. D'autre part, la lecture me semblait fastidieuse et pénible sans.